Se marier et se reconvertir dans le monde du mariage

Se marier et se reconvertir dans le monde du mariage avec Elodie, Asmae et Aurélie - Partie 2

Suite et fin de l’échange que j’ai eu la chance d’avoir avec Aurélie, Asmae et Élodie, concernant leur mariage et leur reconversion dans ce magnifique monde du mariage.

Ça a été un plaisir pour moi d’inaugurer la série “Entretien avec une mariée” avec ce double épisode qui j’espère, inspirera les personnes qui souhaitent se reconvertir dans le monde du mariage.

Une chose est sûre : j’aurais adoré avoir tous ces conseils en me lançant ! Même si je ne me suis pas mariée avant 😁.

Qu'est-ce qui a été le plus facile ou le plus difficile pour se reconvertir dans le monde du mariage ?

Elodie : Ce qui a été le plus difficile pour moi, c’est ce satané syndrome de l’imposteur.

On va se dire : « Moi je fais ça. Mais il y en a d’autres qui le font mieux que moi, depuis plus longtemps et qui ont les bonnes formations, les bonnes méthodes. » C’est un peu un amour à sens unique, il aime beaucoup nous rabaisser alors qu’on souhaite uniquement s’en débarrasser.

Et même une fois lancé, il suffit d’un élément pour tout remettre en question. Personnellement, je sais qu’il me suivra toujours, même si je fais un gros travail sur ma confiance en moi.

Cela permet aussi de se remettre en question, de ne pas tout prendre pour acquis. On sait que tout peut s’arrêter un jour alors ça permet de remettre les pieds sur Terre.

Le plus compliqué reste aussi de réunir toutes les idées qu’on a dans la tête et les appliquer.

Aurélie : Oui ça permet aussi de nous dépasser quelque part donc il a des aspects positifs.

Pour ma part, le principal a été de trouver une formation qui me convienne. Et une fois la formation passée, j’étais pleine d’énergie, de motivation pour lancer mon agende de wedding planner.

Puis je me suis rendue compte que connaître le métier, c’était très bien. Mais il y a quand même des choses à connaître à côté. Comment créer des conditions générales de vente ? Comment bien communiquer sur Instagram ? Toutes ces choses que je ne savais et qui ont fait que j’ai aussi été victime du syndrome de l’imposteur.

Je me suis vraiment demandé si j’allais y arriver. Cela m’a un peu découragé même si je savais qu’il était hors de question que j’abandonne.

Ma formation était super mais tout ce côté digital me manquait. Et par rapport à ce que je sais et que je fais maintenant, je me rends compte qu’on a vraiment survolé ces sujets. Même s’il y a encore des moments où ce n’est pas évident. L’algorithme notamment.

Ah, l'algorithme... Sacrée histoire !

Asmae : On a beau l’aimer, on le déteste des fois autant.

C’est vrai que les formations de wedding planner incluent de plus en pus des parties sur le marketing et le digital. Mais personnellement j’ai passé ma formation en 2016, et c’était à peine un module, un sujet qu’on abordait en même pas 20 minutes. Si je n’avais pas mon Master, je n’aurais jamais appris toutes ces choses avec ma formation.

Un exemple : le fait qu’on n’a pas besoin d’être de partout, mais de se centrer sur une plateforme où se trouve notre cible et vraiment développer notre présence dessus. C’est la leçon n°1 et ce n’est pas du tout abordé.

Mais il y a tellement plus et c’est vraiment dommage de ne pas plus l’aborder.

Elodie : D’autant plus que le digital est un vrai métier et c’est obligatoire dans le monde de l’événementiel. On est tout petits, noyés dans la masse. Si en plus on ignore les réseaux sociaux, on s’handicape plus qu’autre chose.

Il faut apprendre, mettre ses connaissances à jour pour utiliser ces outils à notre avantage.

D’ailleurs je n’aimais pas les réseaux sociaux et c’est en tentant de comprendre comment ça fonctionnait que je suis devenue fan.

Aurélie : En plus, ce n’est pas quelque chose qu’on peut déléguer à 100%. Nos clients font avant tout appel à nous par rapport à notre personnalité, ce qu’on peut leur apporter en tant que personne. Il faut tout de même y mettre de notre personne.

Asmae : C’est pour ça que je ne fais pas de prestations complètes de community management. Ce n’est pas le but de déléguer, surtout dans le monde u mariage.

En général, ce qu’on délègue c’est surtout la création de contenus et la stratégie car c’est hyper important.

Elodie : Oui, ça prend beaucoup de temps. D’ailleurs on ne m’avait pas dit quand j’ai signé 😅.

Asmae, est-ce que tu as quelque chose à rajouter ?

Asmae : Je vais rejoindre Aurélie sur ce sujet. Je ne me prends pas le tête, j’essaye et je sais que si ça ne marche pas, j’ai toujours mon salariat et mes études.

Cela me permet de moins stresser, moins avoir le syndrome de l’imposteur. Car j’ai encore le choix donc c’est moins grave.

J’ai juste fait deux petites erreurs où je me demandée si j’étais vraiment faite pour être indépendante et que je ne ferais pas mieux de rester dans le salariat. Mais ces doutes ont très vite été balayées.

Par contre, je déteste la prospection. J’ai la phobie des appels téléphoniques, je déteste quand on me demande un rendez-vous au téléphone. Une fois, j’ai eu un coach business qui s’est étonné que je ne fasse pas d’appels découverte et qui m’a dit que ça ne marchera jamais sans.

Sauf que ça marche pour moi. Je préfère 100 fois parler pavec la personne par mail, par Instagram, apprendre à la connaître et si nécessaire, ensuite l’avoir au téléphone. Ca me détend, sinon ça ne sert à rien. Sinon je suis stressée, je raconte n’importe quoi.

J’ai du mal à juste donner un lien et parler pendant 45 minutes avec quelqu’un que je ne connais pas.

Je sais que c’est compliqué car pour se faire connaître d’une cible qui n’est pas nécessairement sur les réseaux sociaux, c’est important de prospecter. Mais c’est ma difficulté principale.

Elodie : Ca me rassure beaucoup car des fois quand je dis que je n’aime pas le téléphone, on me prend pour une extraterrestre. Au début, quand j’ai commencé, tout le monde me disait que je devais appeler les gens, aller les chercher pour me faire connaître. Et j’ai dit non car ça ne me correspond pas, ce n’est pas comme ça que je vois les choses.

Je pense que ce n’est pas ce que souhaitent les mariés et les jeunes parents. Quelque part, je me voyais un peu comme un peintre vivant dans une zone reculée qu’il fallait venir chercher. Je n’avais pas envie d’aller chercher les gens, les forcer à faire ce qu’ils n’ont pas envie de faire. pour moi, c’est agressif.

Aurélie : Il y a tellement d’autres moyens que la prospection téléphonique pour se faire connaître en plus.

Même nous, quand on est appelés par des démarcheurs téléphoniques, c’est hyper désagréable.

Concernant le fait de se reconvertir dans le monde du mariage, est-ce que vous avez pu bénéficier du soutien de votre entourage voire même de votre entreprise ?

Élodie : J’ai reçu beaucoup de soutien de la part de mon mari. On allait perdre un salaire alors c’était important pour moi d’avoir son accord.

Pour le reste de mon entourage, c’était un peu abstrait. Ils ne comprenaient pas trop ce que je faisais, ils savaient que je voulais me réorienter dans le monde du mariage. On n’en parlait pas trop, ils attendaient de voir ce qui allait se passer.

Par rapport à mon ancienne entreprise, ils savaient que je démissionnais, que ça n’avait plus de sens pour moi. Ils ont accepté et ils m’ont souhaité bonne chance.

Asmae : J’ai été rès soutenue par mon futur mari, qui est un peu l’associé invisible, qui fait des fois les relectures…

J’ai aussi été très soutenue par mes amis de l’école. De base, Aventure Mariage était un projet scolaire qui a évolué. Mes amies sont toujours là à liker, à commenter.

Cela fait du bien car quand on démarre, on n’a pas toujours une communauté derrière soi alors ça fait plaisir d’avoir ce soutien. Puis quand on a la communauté et les amies, c’est encore mieux.

Aurélie : Mes proches m’ont vraiment soutenues dans ce projet. Je n’ai eu personne qui m’a dit que j’étais folle, que ça n’allait pas la tête…

Il y a juste ma mère qui était très inquiète, qui ne comprenait pas tout. Elle me posait beaucoup de questions, elle voulait savoir si j’étais sûre et j’ai dû la rassurer.

A part ça, tout le monde m’a dit que si c’est ce que je veux faire, je devais foncer.

Élodie : On a peur de ce qu’on ne connaît pas. Je sais que mes proches étaient très confiants, ils savaient que j’allais m’épanouir dans ce domaine. Ils avaient juste peur au niveau de l’entrepreneuriat, car je suis une grande stressée. Ils se sont demandés comment j’allais faire pour gérer une entreprise. 

Se marier et se reconvertir dans le monde du mariage

Comment se sont passés vos premiers mois en tant qu'entrepreneuse dans le monde du mariage ?

Élodie : Pour moi, tout est allé super vite, sans vraiment que je ne m’en rende compte.

Cela a grandi de manière exponentielle, je suivais les commandes sans trop m’en rendre compte.

Puis le COVID est arrivé et j’en ai profité pour me poser certaines questions, que je n’avais pas pu me poser avant. 

Plus j’avais d’avis de clients qui étaient heureux, plus j’avais de demandes et plus j’avais envie de me dépasser dans ce que je faisais.

Aurélie : Les premiers mois ont quand même été assez compliqués entre l’euphorie du diplôme et le fait d’être perdue, de ne pas savoir quoi faire.

Je ne vais pas cacher que c’est difficile. J’ai fait des erreurs, mais pour moi, ça fait partie du jeu. Tout le monde fait des erreurs, c’est comme ça qu’on apprend.

Mais sinon, je n’ai aucun regret 😁.

Asmae : C’était un peu en dents de scie. J’étais très contente car je le prenais en mode essai.

J’ai eu mes premières demandes de devis à 60 abonnés… Mais le souci, c’est que quand on fit quelque chose qui n’est pas encore démocratisé, je me suis heurté à un mur. Des personnes dans le monde du mariage qui travaillaient avec les quelques personnes qui font ce métier en France et qui me disaient « Tu ne travailleras pas ». « Dans ce secteur, il n’y a que qu’un tel qui arrive à travailler ». « Il n’y a pas de travail dans ce secteur ».

Au final ils ont eu tort mais c’était assez dur à entendre. Je me disais « Dans quoi est-ce que je mets les pieds ? », « Est-ce que j’ai vraiment envie de me heurter à un mur juste pour démocratiser un métier ? ».

J’ai continué, j’ai foncé. C’est pas que je n’aime pas qu’on me dise non mais je n’aime pas quand c’est dit de façon aussi ferme. Je suis très contente de m’être challengée, car au final, c’est notre personne qu’on représente et il y a toujours de la place, il y a de la place pour tout le monde.

Surtout en tant que wedding planner, où peut-être les couples ne voient pas l'intérêt d'en avoir une car ils partent du principe que les autres couples ont organisé leur mariage sans wedding planner. Et que donc, c'est plus une dépense inutile qu'un véritable plus.

Asmae : Surtout que la rhétorique est un peu fausse puisqu’avant, c’était les parents qui organisaient le mariage de leurs enfants.

Les futurs mariés ont surtout récupéré l’organisation il n’y a pas si longtemps que ça. C’est là que le métier de wedding planner est apparu.

Aurélie : En tant que tel, l’organisation d’événements est quelque chose de très ancien. Cela a commencé à la cour du Roi avec les menus plaisirs par exemple.

Pour le métier en tant que tel, le fait que ça se démocratise à toute la population est très récent mais ça a toujours été là.

Élodie : La perception a aussi beaucoup changé. Par exemple à mon propre mariage, je n’aurais jamais pensé à faire appel à une wedding planner. Pour moi, c’était fait soit pour les grands mariages ou les gros budgets.

Depuis, ça a beaucoup évolué, les mentalités ont changé. Aujourd’hui, on sait que les wedding planners ne sont pas réservés qu’à ce type de mariage. Tout le monde peut faire appel à une organisatrice de mariages en fonction de son budget.

Asmae & Elodie, est-ce vous avez des regrets et/ou des choses que vous auriez aimé faire différemment ?

Asmae : J’en ai déjà un peu parlé mais je regrette vraiment de ne pas avoir lancé ma communication plus tôt et d’avoir attendu que tout soit prêt. Dans le but de créer une communauté, communiquer sur mes offres, montrer ce que je sais faire avant de me lancer.

C’est le seul petit regret que j’ai actuellement.

Elodie : Je dirai que c’est le fait d’avoir attendu aussi longtemps pour me lancer à mon compte. Je n’étais plus épanouie dans le salariat, mais je me voyais mal être entrepreneur. Avoir la sécurité de l’emploi, ne plus avoir de responsabilités en rentrant chez soi, ça me convenait très bien.

En même temps, je me dis qu’aujourd’hui j’arrive à gérer tout ça avec l’expérience que j’ai eu.

Je suis aussi partie sans objectifs, même aujoud’hui j’ai du mal à en poser. Je me laisse porter mais j’ai toujours été comme ça, cela fait partie de ma personnalité.

Se marier et se reconvertir dans le monde du mariage

On approche doucement de la fin de cet épisode 😉 Deux petites questions pour terminer, la première étant : quelle est la chose pour laquelle vous êtes la plus reconnaissante aujourd'hui ?

Asmae : Pour moi, c’est ma communauté Instagram.

On arrive vraiment à tisser un lien. Si j’ai un doute, une question, je sais que je peux leur demander. Qu’elles seront toujours de bons conseils, qu’elles me diront ce qu’elles aiment, ce qu’elles ont envie de voir.

Il y a quelques mois, j’ai lancé une formation « Wedd’in Boost ton salon ». Une formation qui aide les professionnels du mariage à se vendre sur un salon du mariage et le rentabiliser.

Je n’aurais jamais eu cette idée sans une abonnée, qui est depuis une amie. Elle était perdue car elle avait un salon qui arrivait et elle ne savait pas comment faire.

J’ai beaucoup d’expérience en animation commerciale, je sais bien vendre sur les salons ou dans les supermarchés. Je me suis dis que j’allais lancer ça, et ça a super bien marché. C’est même le meilleur projet que j’ai fait en 2021.

Élodie : Tout simplement, le fait de me lever le matin et de vivre de ma passion.

Je vis au rythme de mes besoins, j’organise mes journées comme je veux et tout le monde n’a pas cette chance alors j’en profite. On ne sait pas quand est-ce que ça va s’arrêter, au moins, on aura tenté.

Et bien sûr la communauté. Même si elle n’est pas très grande, il y a des personnes engagées et leurs messages sont très encourageants.

Enfin, ça me plait de parler, de montrer tous les jours de jolis moments comme des mariages ou des baptêmes. Comment ne pas être reconnaissante pour tout ça ?

Aurélie : Mes proches, mon chéri qui me soutiennent à chaque action, à chaque pas.

Quel est le conseil que vous aimeriez donner aux personnes qui aimeraient se reconvertir dans le monde du mariage ?

Élodie : Osez. Qui ne tente rien n’a rien.

Si vous avez la possibilité de garder votre emploi, foncez.

Je conseillerai aussi d’être patiente. Tout ne se fait pas en une semaine. Il faut aussi croire en soi, en ses capacités et en son projet.

Asmae : Je rajouterai aussi de ne pas ête aveuglée par le voile « Mariage ».

Certes, c’est un beau métier, on fait plein de jolies choses. Mais on est surtout entrepreneurs dans ce milieu-là. On doit maîtriser beaucoup de choses, c’est un projet très complet à ne pas prendre à la légère.

Il faut être suffisamment formée pour être bien préparée à toutes les exigences de ce milieu et avoir cette passion pour le monde du mariage.

Aurélie : Il ne faut pas avoir peur d’être soi même. Au début, on a l’impression de mal faire les choses, que les autres font mieux que nous.

Pourtant c’est notre personnalité qui nous permet de nous démarquer et signer des contrats. Car au delà de ce qu’on propose, les couples vont avant tout matcher avec une personnalité.

Le conseil d'Aude :

Je vous conseille également de ne pas avoir peur de vous spécialiser. N’hésitez pas d’assumer si vous avez une passion particulière.

S’il y a une demande : foncez ! Si vous réunissez tous les conseils qu’on vous a donné, cela peut très bien se transformer en une aventure magique qui vous accompagnera pendant longtemps.

Se marier et se reconvertir dans le monde du mariage

A propos d'Elodie :

Madame Babioles est un atelier de papeterie artisanal né de l’envie de partager des moments de petits bonheurs avec passion et bienveillance! Les préparatifs d’un mariage sont des instants précieux! La papeterie et la décoration de table qui les accompagnent, se doivent d’être à cette image! Unique et originale! Toutes les créations sont réalisées en concertation avec vos envies, à la main, et toujours dans la bonne humeur !
 
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Crédit photo : Marine Garnier 

A propos d'Asmae :

Asmae Ferroudji est consultante en stratégie digitale et formatrice réseaux sociaux. Après une forte expérience en agence de communication (social media manager, chef de projet), elle a créé Aventure Mariage pour accompagner les “wedding business” à développer leur stratégie afin d’attirer les futurs-mariés. Elle les aide à développer une communication qualitative et à mieux vendre, à un meilleur prix. Sa spécialisation ? Instagram (stratégie, paid ads, image de marque,…). Ce réseau social est très important dans le domaine du mariage qui compte des milliers de futurs-mariés à la recherche de conseils et des prestataires parfaits.
 
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A propos d'Aurélie :

Je m’appelle Aurélie, créatrice de l’agence Angèle, Event & Wedding ; je suis Wedding planner et Wedding designer spécialisée dans les mariages traditionnels avec un brin d’originalité.
 
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Et vous, souhaitez-vous vous reconvertir dans le monde du mariage ?

A bientôt pour un prochain épisode !

Aude